Et après ma mobilité ? Tous les conseils pour un retour réussi

Que votre séjour à l’étranger dure 6 mois ou 2 ans, pour un volontariat, une formation ou un emploi, le retour en France est une étape clé à anticiper pour bien rebondir.

Quelle que soit la durée de ton séjour : deux ans de volontariat en administration, une année de formation ou encore six mois de volontariat en service civique, que ce soit  après des études,une formation,un emploi, un chantier de jeunes bénévoles ou encore une expérience de solidarité en tant que volontaire et/ou bénévole le retour en France après un séjour à l’étranger, est une étape à laquelle il faut se préparer. 

Revenir en France après une expérience internationale, qu’elle soit courte ou longue, peut causer un choc émotionnel notamment parce qu’on doit quitter les environnements, les entourages, les amis, les camarades de classe ou encore les collègues avec lesquels on a construit des relations et vécu des expériences marquantes.

Et puis lorsqu’on est parti plus longtemps, il faut prévoir différentes démarches administratives pour se réinsérer facilement dans la vie quotidienne en France et pour valoriser son expérience à l’international. Ces démarches dépendent de la durée de ton expérience à l’international ainsi que de ta situation (volontaire, en études, salarié, bénévole, en recherche d’emploi, etc.). 

Cette rubrique t’accompagne et te permet de faire une transition en douceur en te rappelant les étapes à ne pas oublier : valoriser et faire reconnaître les compétences que tu as acquises selon ton expérience de mobilité, anticiper les démarches administratives, et pourquoi pas, vivre une nouvelle expérience en Europe et à l’international.

Valoriser son expérience à l’étranger : outils et reconnaissances

Utiliser les dispositifs de reconnaissance des compétences

Quelle que soit la durée de ton séjour, cette expérience t’a permis d’acquérir des compétences uniques. Il est important de les formaliser et de les valoriser.

N’oublie pas de mettre à jour ton CV en y intégrant ton expérience internationale. Tu peux aussi mettre en avant les compétences transversales acquises, comme la maîtrise d’une langue étrangère, l’adaptabilité à un environnement différent du tien, l’interculturalité ou la résolution de problèmes dans un contexte international. 

Plusieurs outils existent pour t’aider dans cette démarche pour valoriser cette expérience.

Pour les participants à des programmes comme Erasmus+ ou le Corps européen de solidarité, le Youthpass est un certificat qui atteste des compétences acquises lors de ton expérience. Il est délivré à la fin de ton projet et peut être joint à ton CV. Cette attestation valorise ta mobilité en Europe et peut être un atout pour ton orientation ou ton insertion professionnelle.

Grâce à AKI-App de l’OFAJ chacun peut à tout moment identifier et mettre des mots sur ses compétences et valoriser ses expériences. Il s’agit de la version numérique et libre d'accès du kit de valorisation du projet AKI qui permet aux jeunes de s’auto-évaluer et positionner après une expérience de mobilité. Avec cet outil, chacun peut identifier et valoriser ses compétences développées après une expérience de mobilité à l’ international.

Diagoriente est un service gratuit et innovant, créé par l'État, pour aider chacun à mieux de s'orienter dans son parcours professionnel. Grâce à la plateforme publique Diagoriente, tu peux valoriser les expériences et tes compétences y compris acquises dans un cadre non professionnel, peu importe ta situation et ton expérience ( en emploi, en recherche d’emploi, étudiant, bénévoles, volontaires, etc.). Cet outil ne permet pas d’identifier et de valoriser ses compétences dans un contexte de mobilité cependant, il peut être utile si on a une expérience d’engagement ( volontariat, bénévolat)  impliquant une dimension interculturelle en France.

Pour les volontaires en service civique, Diagoriente propose un service spécifiquement conçu pour les accompagner dans leur démarche, grâce auxquels, ils peuvent:

  • valoriser les activités, les compétences techniques et les compétences transversales développées dans le cadre de sa mission de Service Civique y compris, effectuée à l’international,
  • créer son bilan nominatif en préremplissant automatiquement toutes les informations renseignées au fur et à mesure.

 

Pour les lycéens : intégrer son expérience dans son parcours scolaire

Les élèves de lycée ou de collège peuvent également faire reconnaître leur mobilité internationale dans le cadre de leurs études. Depuis quelques années, il est possible d’obtenir une mention « mobilité européenne et internationale » sur le diplôme du brevet professionnel ou du baccalauréat.

Depuis la rentrée 2023, les élèves de première générale et technologique peuvent obtenir cette mention sur leur diplôme du baccalauréat, à condition d'avoir effectué un séjour continu d'au moins quatre semaines au cours de l'année de première dans un établissement européen partenaire. Cette mobilité doit être formalisée par un contrat d'études entre l'établissement d'origine et l'établissement d'accueil.

 Pour bénéficier de cette mention, il faut en faire la demande auprès de ton établissement et fournir les justificatifs de ton séjour (attestation de scolarité, certificat de stage, etc.).

De plus, les compétences acquises en Europe et à l’international peuvent être intégrées au socle commun de compétences et de culture. Tu peux en parler à ton professeur principal ou à ton conseiller d’orientation, qui pourront t’aider à identifier les éléments à valoriser et à les indiquer dans ton livret scolaire.

Comment gérer le blues du retour ?

Reconnaître et surmonter le blues du retour

Même si pour beaucoup le retour en France se passe bien, parfois le retour peut parfois être source de désorientation. Après avoir vécu une expérience enrichissante en Europe et à l’international, il est normal de se sentir décalé et nostalgique. Pour surmonter cette phase, il est important de prendre le temps de partager ton expérience. Tu peux en parler à tes proches, écrire un journal, ou utiliser des outils numériques et Web pour partager tes souvenirs. C'est notamment ce que conseille le réseau Eurodesk dans son guide "Time to Mind" pour gérer sa santé mentale lors d'un séjour à l'étranger.

Il faut se donner le temps de se réadapter à ton quotidien en France. Toutefois si au bout de plusieurs semaines, tu ne vas toujours pas bien et que tu ressens par exemple de l’anxiété ou des insomnies liées à ton retour, il ne faut pas hésiter à consulter ton médecin pour te faire aider.

Enfin, engage-toi dans des activités qui te permettent de continuer à vivre l’international depuis la France :  participes à expériences solidaires et interculturelles telles que les chantiers de jeunes bénévoles, rejoins des associations d’anciens étudiants Erasmus + ou encore des réseaux de volontaires. Ces réseaux sont composés de personnes qui, comme toi, ont vécu des expériences fortes à l’international et ont envie de continuer à s’engager. Profites-en pour partager ton parcours et créer des liens.

 

Promouvoir à son tour les expériences en Europe et à l’international

L'Agence Erasmus+ France Jeunesse et Sport, propose à des jeunes ayant fait un Corps Européen de Solidarité et participé à un échange Erasmus + Jeunesse de rejoindre le réseau EuroPeers. L'objectif principal de ce réseau est d'inciter d’autres jeunes à participer aux programmes Erasmus+ et Corps européen de solidarité

Il existe aussi le réseau des Ambassadeurs Erasmus+. Ce réseau a été créé et est animé par l’Agence Erasmus+ France / Education Formation. Il est composé d’anciens bénéficiaires qui s’engagent pour rendre le programme accessible à tous. Les ambassadeurs participent à des événements pour présenter les programmes européens et organisent des rencontres entre pairs.

 Créé à l'initiative de France Volontaires et porté par d'anciens volontaires internationaux d'échange et de solidarité, le réseau « Toujours Volontaires ! – Communauté des anciens V.I.E.S  (Volontaires internationaux d’échanges et solidarité)» souhaite maintenir le lien entre volontaires, valoriser les parcours et le retour de volontariat et faciliter l'accès à des ressources et d’autres opportunités pour la suite.

 

Comment préparer son retour administratif ?

Que dois-je anticiper pour éviter les oublis ?

Les documents officiels

Si tu as fait une mobilité longue, avant même de quitter le pays d’accueil, commence par faire la liste de tes documents officiels : passeport, carte d’identité, permis de conduire. Pour les permis de conduire obtenus à l’étranger, renseigne-toi sur les conditions d’échange ou de reconnaissance en France, car celles-ci varient selon les pays.

N’oublie pas de rassembler les documents liés au motif de ton séjour : attestations de travail, bulletins de salaire, contrats de location d’appartement, diplômes ou certificats obtenus sur place, convention de stage ou encore contrat de volontariat. Si tu es étudiant, les relevés de notes et les certificats de scolarité sont indispensables pour la validation des crédits ECTS ou la reconnaissance de ton parcours académique. Conserve également une version numérique sécurisée de tous tes documents.

Les démarches auprès du consulat

Au moment de quitter ton pays de résidence, tu dois demander ta radiation du registre des Français auprès de ton consulat. Cette démarche peut se faire en ligne sur service-public.fr. Si tu as choisi de t’inscrire sur la liste électorale de ton poste consulaire de rattachement, ta radiation du registre des Français n’entrainera pas ta radiation de cette même liste électorale. Seule l’inscription sur la liste électorale de ta nouvelle commune de résidence déclenchera ta radiation de la liste électorale consulaire.

Si tu étais volontaire en solidarité internationale,  n’hésite pas à te renseigner auprès des espaces volontariat de France Volontaires  sur les démarches à suivre ainsi qu’à leur indiquer ton départ.

Effectuer les démarches administratives en France

Dès ton retour, plusieurs démarches doivent être réalisées afin d’éviter toute interruption de tes droits sociaux. La première étape concerne la sécurité sociale : si tu étais affilié à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) pendant ton séjour, tu dois soit mettre à jour ton affiliation, soit te réinscrire à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de ton lieu de résidence en France. Pour les étudiants, la mutuelle étudiante doit également être actualisée.

La déclaration fiscale est un autre point important. Les revenus perçus à l’étranger doivent être déclarés en France. Le formulaire 2047 des impôts est spécialement conçu pour cela.

Pour les personnes qui  bénéficient de prestations sociales, comme les aides personnes au logement (APL) de la Caisse des allocations familiales (CAF), il est impératif de mettre à jour son dossier dès son retour. Une absence de déclaration peut entraîner une suspension des allocations. Enfin, si tu étais inscrit comme demandeur d’emploi avant de partir, actualise ta situation sur le site de France Travail pour éviter ta radiation.

Retraite et séjour à l’international

Un séjour à l’étranger, qu’il soit professionnel, académique ou dans le cadre d’un engagement volontaire ou bénévole, peut avoir des répercussions sur tes droits à la retraite en France. Selon ton statut et la durée de ton séjour, les règles sont différentes. Voici ce qu’il faut savoir pour sécuriser tes droits et anticiper les démarches nécessaires à votre retour.

Pour les salariés

Pour bénéficier d’une retraite à taux plein en France, il faut justifier d’un nombre minimal de trimestres cotisés.  Si tu as travaillé à l’international, tes cotisations de retraite  peuvent avoir été versées , dans le système français (via la Caisse des Français de l’Étranger, par exemple), ou dans celui du pays d’accueil. Afin d’éviter le doublement des cotisations, il faut veiller à ce que les organismes de retraite compétents de chaque pays totalisent tes périodes d'assurance accomplies en France et dans les autres États (totalisation). 

  • Dans l’Union européenne : Les périodes de cotisation dans ces pays sont prises en compte pour le calcul de la retraite française, grâce aux règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale.
  • Hors UE: La France a signé des accords bilatéraux avec  certains pays (États-Unis, Canada, Japon, etc.) pour éviter les doubles cotisations et permettre la totalisation des périodes. En l’absence d’accord, tes cotisations étrangères ne seront pas prises en compte pour ta retraite française, sauf si tu as cotisé  à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE).

 

Pour les étudiants et les personnes qui ne travaillent pas

Les périodes d’études ne génèrent pas de droits à la retraite en France. Cependant, si tu as travaillé en parallèle (stage rémunéré, job étudiant), ces périodes peuvent être prises en compte sous certaines conditions.

Les démarches à faire accomplir avant et après ton retour

Avant de quitter le pays d’accueil

  • Si possible, fais la demande d’un relevé détaillé de tes cotisations. Ce document sera indispensable pour faire valoir vos droits en France.
  • Conserve tous tes bulletins de salaire et attestations d’emploi.
  • Vérifie ton affiliation à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE).

 

Dès ton retour en France

  • Déclare tes périodes de travail à l’international à ta caisse de retraite française (CNAV pour le régime général).
  • Demandez une totalisation des périodes : Si tu as cotisé dans un pays couvert par un accord ou un règlement européen, ta caisse de retraite française calculera tes droits en tenant compte de toutes tes périodes de cotisation, en France et à l’étranger.
  • Tu peux éventuellement racheter des trimestres manquants.

 

Pour les volontaires en volontariat de solidarité internationale et en service civique à l’international

France Volontaires a élaboré une checklist pour préparer son retour qui recense les démarches à faire avant de quitter le pays de mission : https://france-volontaires.org/wp-content/uploads/2024/03/france-volontaires.org-accompagnement-au-retour-checklist-2-preparation-retour.pdf

 Ressources et contacts utiles

 

Repenser ses mobilités après une expérience à l’international

Après avoir vécu une expérience à l’international, on prend souvent conscience de l’impact concret de nos modes de vie en matière de pollution. Lorsqu’on est confronté à d’autres réalités : qu’il s’agisse de villes où le vélo domine, les transports publics sont très développés ou au contraire de lieux où la circulation dépend de la voiture, cela peut nous  inciter à privilégier des mobilités moins polluantes, comme le train, les transports en commun ; une fois revenu dans son pays ou pour retourner dans ce dernier.  Au-delà du  geste écologique, c’est aussi une manière de prolonger l’apprentissage acquis lors de sa mobilité en adoptant des habitudes en adéquation avec les enjeux climatiques globaux.

Le Pass Interrail Erasmus+ peut te permettre d’obtenir un soutien financier pour privilégier une mobilité plus durable. On peut aussi mentionner le guide "Devenir un eco-voyageur" du CIDJ Eurodesk qui permet de continuer à voyager en limitant son impact carbone.

 Certains outils permettent de calculer l’impact carbone des projets de mobilité : l’Office franco-allemand pour la Jeunesse propose l’outil Dekarbo, qui permet d’estimer les émissions liées à une rencontre de jeunes et de comparer différents modes de transport. Le calculateur « Nos Gestes Climat » de l’ADEME permet lui aussi de calculer ton empreinte carbone. On peut aussi mentionner le guide "Devenir un eco-voyageur" du CIDJ Eurodesk qui permet de continuer à voyager en limitant son impact carbone.

Comment je retrouve mes marques ?

Étudiants : reprendre ses études

Pour les étudiants, la reprise des études après un séjour à l’étranger nécessite une bonne préparation. La première étape consiste à faire reconnaître les crédits ECTS obtenus pendant sa mobilité.  Il est préférable de contacter le service des relations internationales de ton établissement pour connaître la procédure exacte. Certaines universités demandent une traduction officielle des relevés de notes, tandis que d’autres acceptent les documents en langue originale. Il est également possible que tu doives passer un entretien ou un examen pour valider certaines matières.

Si tu étais logé en résidence universitaire avant de partir, il est préférable de contacter le CROUS pour savoir si ton logement est toujours disponible. Tu peux aussi te lancer dans des recherches dès que possible, en utilisant des plateformes dédiées comme Lokaviz, qui propose des offres de logement.

Et si je souhaite repartir ou m’engager depuis la France ?

Si tu as l’envie de repartir, sache qu’il existe de nombreuses opportunités pour renouveler l’expérience. Les programmes comme le service civique à l’international, le volontariat International en Entreprise (VIE) ou en administration (VIA) ou le corps européen de solidarité (CES)  permettent de repartir à l’étranger pour étudier, travailler ou s’engager dans un projet solidaire dans le cadre d’autres dispositifs (service civique international, chantiers de jeunes bénévoles, volontariat de solidarité internationale, etc.). Si tu n’as pas bénéficié de l’un de ces dispositifs tu peux les mobiliser dans le cadre de ton parcours d’engagement. Pour celles et ceux qui préfèrent rester en France, il est possible de s’investir dans des associations européennes, internationales, ainsi que de participer à des projets locaux à dimension internationale en participant à des chantiers de jeunes bénévoles.

Ressources utiles

Pour t’accompagner dans tes démarches, voici une sélection de ressources utiles :