Juliette raconte son volontariat à Molfetta

11 Septembre 2020

Partie avec le CIDJ dans le cadre du Corps européen de solidarité (CES), Juliette raconte son volontariat à Molfetta :

C’était la fin de l’année scolaire, le baccalauréat approchait. Une belle journée ensoleillée, jours rares dans la capitale. Le matin était déjà bien entamé quand je reçu ce mail, tant attendu, espéré et craint à la fois.

L’ouvrir,

Le lire,

Sourire,

Laisser une larme couler.

Je partais l’année prochaine vivre en Italie.

En partant je quittais une ville cosmopolite, vivante, vibrante. Molfetta était à peu près tout son inverse. Le choc culturel était à la fois minime et immense. Concrètement la vie à Paris est une course, à Molfetta elle ressemble plus à une sieste. Je me rappelle avoir passé des après-midi à ne rien faire, seulement penser, assise sur le balcon de notre colocation. Le temps qui s’étend indéfiniment, sans qu’un énième rendez-vous ne se profile à l’horizon. Aujourd’hui je souris à cette pensée car je commence à apprivoiser le temps et à accepter le silence de la vie sans constamment chercher à le remplir.

Au-delà de ces petites et grandes leçons de vie je retiens de cette expérience les rencontres.

Les rencontres de quelques minutes et celles de plusieurs mois. les sourires d’inconnus, ceux que l’on ne re-croise jamais et ceux que l’on croise tous les jours sans jamais vraiment parler. Ceux qui étaient des étrangers et qui deviennent des amis. Ceux qui nous ont dit trois mots qui nous marquent à tous jamais.

Je retiens le manque aussi. De mon pays, de ma ville. Partir, ce fût aussi pour moi retomber amoureuse de ma vie en France. Sourire à la simple odeur des matins pluvieux, au goût d’une baguette tout juste sortie du four, au froid glaçant de l’hiver parisien. 

Partir ce fût grandir. Grandir et retomber en enfance. Vivre dans un groupe qui parle un mélange de langues, et de voix qui s’élèvent sous le coup des émotions. Vivre sous le ciel bleu du sud de l’Italie. Vivre comme on dirait en France « d’amour et d’eau fraîche » (et de pizza bien évidemment !).

J’ai appris beaucoup cette année, et pourtant, ce qui reste d’une telle aventure, ce sont les goûts, les odeurs, les rires, les bruits, les images, les sourires d’inconnus, les discussions impromptues…

Pour moi ce fût le goût des glaces de la villa communale, les effluves de la mer et son odeur salée,  les rires des jeunes qui emplissent les rues jusque tard le soir et le bruit de la foule nocturne. Les soirées sur la plage ou au balcon, les trains dans lesquels on monte et qui nous conduisent vers ce qui semble parfois le bout du monde. Les klaxons des voitures italiennes. L’herbe verte qui s’étend devant moi et le vent dans mes cheveux. Les discussions de minuit et les cafés du lendemain.

Ces petits instants qui ont fait de mon année une aventure bien plus qu’un simple service civique. 

L’année de mes 18 ans j’ai été volontaire du Corps Européen de Solidarité.

Et ce fût une des meilleures expériences de ma vie.

Et c'est là ma conclusion.

Publié par : Centre d'Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ)